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HISTORIQUE DES SÉDIMENTS DE LACS
CAROTTES DE SÉDIMENTS
On peut évaluer facilement le succès des programmes de dépollution en comparant les niveaux de pollution actuels avec les niveaux antérieurs. Mais, dans bien des cas, on manque d’archives relatives à la pollution, ou encore ces archives sont peu fiables. Une méthode permettant d’établir l’historique des niveaux de pollution consiste à examiner les carottes de sédiments prélevées dans des eaux réceptrices, comme des lacs, des deltas et des réservoirs. Les sédiments fins (silt et argile) emprisonnés au fond des lacs et des réservoirs préservent la chronologie et les niveaux de bien des types de polluants. On peut aussi utiliser les carottes de sédiments en vue de reconstituer la séquence du pH de lacs à partir des matières planctoniques déposées dans les sédiments.En l’absence d’une longue série chronologique de mesures du pH dans les lacs, il est difficile de reconstituer le tableau historique de l’acidification. Pourtant, l’étude minutieuse des assemblages de diatomées dans de nombreux lacs présentant divers niveaux d’acidité, conjuguée à la datation des sédiments lacustres (p. ex., au moyen d’isotopes radioactifs du plomb 210, 210Pb), a donné naissance à une nouvelle méthode de reconstitution historique du pH basée sur les principales espèces de diatomées alcalinophiles et acidophiles. Cette méthode est désormais utilisée couramment dans certains pays comme le Royaume-Uni. Dans le lac Gardsjön, en Suède, une chute brutale du pH vers 1960 marque le début d’un phénomène d’acidification.
L’analyse de sédiments du lac Ontario a montré que des métaux lourds comme le cuivre (Cu) et le plomb (Pb) sont liés à la présence de particules fines. Ces particules sont transportées par les courants et se déposent dans les sédiments de fond du lac. Les carottes de sédiments prélevées dans ces secteurs montrent l’enrichissement en métaux lourds dans la strate supérieure de 10 centimètres. Cependant, il importe de souligner que les mesures de réduction du phosphore, en particulier l’usage de boues activées et le contrôle des sources industrielles, ont eu un impact positif considérable en réduisant le rejet de métaux. Ces derniers ont une grande affinité pour les boues et sont donc enlevés dans le cadre du processus d’épuration. C’est ce que l’on peut constater dans les couches de surface des sédiments, où les concentrations de cuivre et de plomb sont en baisse.
L’étude des problèmes liés à la qualité de l’eau dans des grands lacs nécessite une intégration d’études multidisciplinaires. La température de l’eau représente un facteur important dans la détermination des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques d’un écosystème lacustre. On peut observer des gradients de température dans les grands lacs. À titre d’exemple, les isolignes de température de surface de 1 m du lac Ontario montrent l’influence du vent et de la circulation sur la distribution de surface.
Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) a publié un document sommaire sur les lacs et réservoirs du monde. Ce document porte sur trois grands thèmes : la valeur des lacs et des réservoirs, la dégradation des ressources en eau et des exemples d’activités de prévention et de restauration (voir la réf. 29).
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