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Journée mondiale de l’eau KYOTO/BURLINGTON, le 22 mars 2003 – À l’occasion
de la Journée mondiale de l’eau, le Programme
mondial de surveillance de la qualité de l’eau
du PNUE a annoncé le lancement d’une nouvelle
étude internationale consacrée à «
la vulnérabilité des ressources en eau face
aux modifications de l’environnement en Afrique.»
La qualité, la quantité et la sécurité
des ressources en eau douce est le thème principal
du troisième Forum mondial de l’eau qui se tient
cette semaine à Kyoto. On estime que 1,4 milliard de
personnes n’ont pas accès à de l’eau
potable, et que la mauvaise qualité de l’eau
est responsable de 3,3 milliards de cas de maladie et de 5,4
millions de décès par an. Environ les deux tiers
de la population mondiale pourraient manquer d’eau douce
propre en 2025. En Afrique, la situation est encore plus grave. Il y a 50
ans, chaque habitant disposait de quatre fois plus d’eau
qu’aujourd’hui. Le continent manque gravement
d’eau pour l’agriculture et l’élevage,
ainsi que pour l’industrie et l’assainissement
dans les villes, et presque partout l’eau potable devient
de plus en plus rare. "Avoir de l’eau est une chose, savoir que cette
eau est potable en est une autre", a déclaré
Richard Robarts, le Directeur du Programme mondial de surveillance
de la qualité de l’eau en lançant l’étude.
"Une eau sûre et propre est un facteur clef de
la santé des populations en Afrique". Le Programme des Nations Unies pour l’environnement
(PNUE) répond ainsi, par l’intermédiaire
de son Programme mondial de surveillance de la qualité
de l’eau, à l’appel lancé par la
communauté internationale en septembre 2002 à
Johannesburg, lors du Sommet mondial pour le développement
durable, qui a considéré qu’une "approche
intégrée, prenant en considération tous
les risques et associant toutes les parties pour régler
les problèmes de vulnérabilité, d’évaluation
des risques, et de lutte contre les catastrophes est un élément
indispensable à la construction d’un monde plus
sûr au XXIe siècle". La nouvelle étude produira une analyse statistique
exhaustive des ressources en eau, ainsi que de l’impact
d’événements extrêmes sur ces ressources,
et identifiera les régions où les problèmes
se posent avec une acuité particulière, de même
que les nouveaux problèmes qui apparaissent sur tout
le continent.
Le Rapport sur la mise en valeur des ressources en eau dans
le monde, publié récemment par 23 organismes des
Nations Unies, dont le PNUE, en vue du Forum mondial de l’eau,
fait le bilan de la situation et traite longuement des questions
de quantité et de sécurité des ressources
en eau, ainsi que de l’accès à ces ressources.
Il s’agit maintenant de le compléter par une analyse
tout aussi exhaustive de la qualité des ressources mondiales
en eau. Cette étude, qui sera coordonnée par le Programme
mondial, sera exécutée en partenariat avec le
secrétariat panafricain du système d’analyse,
de recherche et de formation concernant les changements du
climat mondial, le Programme international géosphère-biosphère,
et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation,
la science et la culture (UNESCO). Tous les gouvernements
africains sont invités à y participer. Le rapport final sera présenté lors de la Conférence
panafricaine sur l’eau, qui se tiendra à Addis-Abeba
en décembre 2003. Pourquoi mettre l’accent sur l’Afrique?
Les ressources en eau, ainsi que leur qualité, représentent
probablement le principal problème d’ordre environnemental
en Afrique, en particulier dans les régions arides
et semi-arides du continent. Les sécheresses de plus
en plus fréquentes, ainsi que l’évolution
de la nature de l’utilisation des sols et le développement
de l’urbanisation, ont des conséquences sur les
ressources en eau et, par contrecoup, menacent le bien-être
des populations et constituent un obstacle au développement
économique. Dans de nombreuses régions d’Afrique,
il est de plus en plus difficile de répondre aux besoins
en eau pour l’agriculture, l’industrie et la consommation
des ménages. La vulnérabilité se définit comme un
ensemble de conditions et de processus liés à
des facteurs physiques et autres qui renforcent l’exposition
d’une communauté aux risques. La nouvelle évaluation
de vulnérabilité qui sera réalisée
permettra de mieux comprendre les effets combinés de
différents facteurs d’agression sur les ressources
régionales en eau. Elle permettra certainement d’identifier
comment gérer de façon intégrée
ces ressources et donc de les utiliser de façon durable
et de les répartir équitablement. Une sécheresse n’est jamais un simple problème
météorologique. L’absence d’eau
est souvent le résultat d’une mauvaise gestion
des ressources naturelles. En Afrique, la sécheresse
n’est pas un problème climatique mais est liée
à la pauvreté. Il s’agit d’un cercle
vicieux. Il ne fait pas de doute que les modifications de
l’environnement et du climat à l’échelle
mondiale aggraveront le manque d’eau. Dans de vastes
régions du continent, la pluviométrie varie
fortement en fonction des saisons et provoque donc de fortes
variations des régimes hydrologiques. Les activités
de l’homme, telles que l’utilisation des terres
et l’urbanisation, contribuent à la demande en
eau et à la dégradation de la qualité
des ressources en eau. Par ailleurs, à l’échelle
des bassins hydrographiques, la diminution des ressources
a des conséquences sur l’intégrité
des écosystèmes. Que fait le Programme mondial de surveillance de la qualité
de l’eau?
Depuis sa création en 1977, le Programme mondial de
surveillance de la qualité de l’eau est devenu
la principale source internationale de données sur
la qualité de l’eau au niveau mondial. Il s’agit
d’un programme complexe de surveillance, d’évaluation
et de renforcement des capacités dont le double objectif
consiste à renforcer les capacités des pays
participants en matière de surveillance et d’évaluation
de la qualité de l’eau et à déterminer
la situation et les tendances en la matière aux niveaux
régional et mondial. Pour cela, le Programme dispose d’une base de données
couvrant plus d’une centaine de pays et comportant plus
de deux millions d’entrées consacrées
à des lacs, réservoirs, cours d’eau et
systèmes sous-terrains. Ainsi, il est en mesure, à
partir des données sur un pays, d’effectuer des
évaluations de la qualité de l’eau aux
niveaux mondial et régional. Il étudie également
diverses questions et méthodologies en rapport avec
la qualité de l’eau. Ses données sont
utilisées par d’autres organisations, notamment
du système des Nations Unies, et par des universités
du monde entier. Des informations sur la Journée mondiale de l’eau
2003 sont disponibles à l’adresse www.waterday2003.org.
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